Depuis son lancement officiel le 7 mai 2025 lors de l’événement Config 2025, Figma Sites a suscité un intérêt considérable. L’idée de transformer un design Figma en site web publiable en un seul clic semble révolutionnaire. Pourtant, après plusieurs semaines d’utilisation de cet outil de conception par les professionnels du web, le constat est sévère : accessibilité absente, SEO sacrifié, performances en berne et qualité de code très discutable. Voici un tour d’horizon complet des nombreux problèmes de Figma Sites.
1. Problèmes d’accessibilité de Figma Sites

1.1. Structure HTML non sémantique
Figma Sites utilise massivement des balises <div> pour la structure de ses pages, à l’exception des images. Cette absence de balises sémantiques (<section>, <article>, <nav>, etc.) empêche les technologies d’assistance de comprendre la hiérarchie du contenu. Cela crée une “soupe de <div>” difficile à analyser, à maintenir, et surtout inadaptée aux standards d’accessibilité.
1.2. Violations des normes WCAG
Les audits menés avec des outils comme Axe, ARC Toolkit ou Equal Access Accessibility Checker démontrent des résultats catastrophiques : plus de 200 violations sur certains sites de démonstration comme config.new. Cela comprend des contrastes insuffisants, une absence de textes alternatifs et des rôles ARIA mal utilisés.
1.3. Détails techniques nuisant à l’accessibilité
Figma Sites masque les paramètres d’accessibilité par défaut. Pire : il faut les définir manuellement pour chaque calque. Le dernier caractère d’un texte est souvent entouré d’un <span> isolé, ce qui déstabilise les lecteurs d’écran. Les liens s’ouvrent par défaut dans un nouvel onglet, sans avertissement, ce qui contrevient aux bonnes pratiques.
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2. Faiblesses techniques et qualité du code généré par Figma Sites

2.1. Organisation et lisibilité du code
Le code HTML/CSS généré est d’une complexité inutile : imbrication excessive de balises, noms de classes générés automatiquement comme « css-z91rnx », au lieu de noms plus parlants comme « header-main ». Le résultat : un code très difficile à maintenir et à comprendre, même pour un développeur expérimenté.
2.2. Surdépendance au JavaScript
Figma Sites utilise du JavaScript pour des fonctions qui devraient être gérées par HTML ou CSS, comme les liens ou les effets de survol. Cela pénalise les performances, augmente le risque de bugs, et diminue la compatibilité avec certains navigateurs ou dispositifs.
2.3. Impact sur les performances
La structure lourde et le recours excessif aux scripts nuisent gravement aux performances. Même l’interface de Figma peut ramer lors de l’édition de projets complexes. Pour l’utilisateur final, cela se traduit par des temps de chargement accrus.
3. Problèmes de référencement (SEO) avec Figma Sites

3.1. Structure peu lisible par les moteurs de recherche
L’absence de balises <h1>, <h2>, ou encore de balises sémantiques rend le contenu difficilement indexable. Les moteurs de recherche, notamment Google, s’appuient sur ces éléments pour comprendre la hiérarchie de l’information et la pertinence du contenu proposé. Sans cette structure, les robots d’indexation peinent à identifier les titres, les sous-titres, ou les sections importantes du site, ce qui complique l’analyse du contenu et dégrade sa position dans les résultats. Cela nuit non seulement à la visibilité, mais aussi à la capacité du site à capter du trafic organique pertinent.
3.2. Absence de métadonnées et balises essentielles
Il n’est pas possible d’ajouter directement des meta descriptions, titres personnalisés, attributs hreflang ou lang. Ces éléments sont pourtant cruciaux pour améliorer le taux de clics dans les pages de résultats de recherche (CTR) et orienter les moteurs sur la langue ou la zone géographique ciblée. En leur absence, le site est mal contextualisé, ce qui réduit considérablement son efficacité en matière de SEO international ou localisé. De plus, sans possibilité d’ajouter des données structurées (schema.org, Open Graph, etc.), Figma Sites empêche également une intégration enrichie dans les réseaux sociaux et autres plateformes externes.
4. Limitations en design et responsive dans Figma Sites

4.1. Manque de fonctions avancées pour la mise en page
Figma Sites ne permet pas une gestion fine des alignements complexes, faute de prendre en charge des systèmes de layout modernes de manière efficace. De nombreuses fonctionnalités essentielles pour construire des mises en page dynamiques font défaut, comme le contrôle précis des marges et des espacements ou l’utilisation de modèles de grille personnalisés. Cette absence oblige les utilisateurs à adopter des compromis esthétiques ou techniques qui nuisent à la qualité finale du design. Pour les projets nécessitant un positionnement flexible ou une disposition modulaire, Figma Sites se montre rapidement limité.
4.2. Responsive design approximatif
Si le design de maquettes est un des points forts de Figma, leur conversion en code adaptatif pose problème. Les points de rupture ne sont pas précisément contrôlables, ce qui compromet l’affichage sur différents appareils. Le comportement du site sur tablette ou smartphone devient imprévisible, avec des éléments qui se superposent ou se redimensionnent de manière incohérente. De plus, l’absence d’aperçu en direct pour les différentes tailles d’écran rend l’ajustement du responsive laborieux et chronophage. Cela rend le produit difficilement exploitable pour un usage professionnel où la compatibilité multi-supports est une exigence de base.
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4.3. Ordre de lecture et ergonomie problématiques
Des blocs de contenu mal structurés altèrent la lisibilité pour les utilisateurs comme pour les robots. L’ordre de lecture, notamment dans les grilles ou cartes, est souvent incohérent. Les éléments visuels sont parfois affichés avant les titres ou descriptions textuelles, perturbant ainsi la compréhension du contenu. Cela affecte directement l’expérience utilisateur mais aussi l’accessibilité, car les lecteurs d’écran ne peuvent pas restituer l’information de façon fluide. En outre, les interactions utilisateur ne sont pas toujours intuitives : boutons mal placés, zones cliquables trop petites ou mal identifiées, et absence de hiérarchie visuelle claire.
5. Comparaison de Figma Sites avec les alternatives

5.1. Face à Framer : des ressemblances trop évidentes
- Interface fortement inspirée de Framer, mais sans en égaler la maturité fonctionnelle.
- Éléments d’interface, hiérarchie des menus et raccourcis clavier très similaires.
- Ressemblance perçue comme une tentative de reproduction par certains utilisateurs.
- Similitude principalement visuelle : les fonctionnalités restent limitées.
- Framer propose une logique de composants plus évoluée.
- API de Framer mieux documentée et plus flexible.
- Capacités de personnalisation supérieures chez Framer.
- Avantage de Framer sur la gestion de composants grâce à :
- un système de variantes,
- des styles globaux,
- une gestion dynamique du contenu.
5.2. Face au développement sur-mesure : un gouffre fonctionnel
- Souplesse et qualité supérieures : le code sur mesure offre une liberté totale dans la conception.
- Personnalisation complète : chaque ligne peut être ajustée selon les exigences du projet.
- Meilleure accessibilité : possibilité d’intégrer les meilleures pratiques dès la base.
- Optimisation SEO avancée : structure des balises, meta données et contenus contrôlés.
- Contrôle précis du HTML : hiérarchie claire, balisage propre, sans redondance.
- Gestion fine du poids des fichiers : amélioration des temps de chargement.
- Optimisation des ressources : scripts, styles, et images peuvent être ajustés individuellement.
- Performances mesurables : possibilité de tester et d’ajuster les performances en continu.
- Compatibilité renforcée : adaptation aux navigateurs et aux dispositifs variés.
- Evolutivité assurée : la structure permet des évolutions futures sans tout reconstruire.
- Structure optimisée, performances contrôlées, accessibilité native : le fossé est immense et ne semble pas près de se combler.
5.3. Face à WordPress : une comparaison inévitable
- Gestion du contenu : WordPress permet de gérer dynamiquement tout type de contenu, y compris les pages, articles, custom post types, et taxonomies. Rien de tout cela n’est envisageable avec Figma Sites.
- Optimisation SEO : Les plugins comme SEOPress ou Rank Math rendent WordPress ultra-compétent pour le référencement. Figma Sites, lui, ne propose même pas d’interface pour les meta titres ou descriptions.
- Accessibilité native : WordPress propose des thèmes conformes aux normes d’accessibilité. De nombreux outils permettent aussi de vérifier les bonnes pratiques. Figma Sites ne propose aucune base saine à ce niveau.
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5.4. Un produit encore immature selon ses utilisateurs
Beaucoup considèrent que Figma Sites a été lancé trop tôt, dans une version plus alpha que bêta. Le produit semble avoir été précipité sur le marché sans bénéficier de phases de tests utilisateurs suffisantes ni de retours d’expérience intégrés dans la feuille de route. De nombreuses fonctionnalités de base sont encore absentes ou incomplètes, et les mises à jour correctives se font attendre. La priorité semble avoir été de concurrencer rapidement Framer plutôt que de stabiliser les fonctionnalités, ce qui renforce l’idée d’un lancement motivé par la pression commerciale plutôt que par une véritable maturité technique.
Conclusion : Figma Sites, un des pires choix possibles
Si Figma Sites pouvait sembler prometteur, il souffre aujourd’hui de trop de lacunes pour être utilisé en production. Son approche anti-sémantique, ses problèmes de performance et son manque total d’accessibilité en font un mauvais choix pour les projets professionnels. D’autres solutions comme WordPress restent largement supérieures pour créer des sites fiables, durables et conformes aux standards du web. Même Webflow et Framer lui sont préférables !









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